jeudi 6 août 2009

Particularités

- routes étroites dans les villes, surtout Ponta Delgada. A sens unique, pavées (beaucoup de bruit quand les voitures roulent dessus).

- Trottoirs étroits, à peine la place de marcher dessus pour certains, impossible d’y marcher à deux, on doit y passer à la queue leu leu.

- Trottoirs avec mosaïque (ça fait des dessins, très joli).

- On n’a vu aucun bar ou discothèque à Ponta Delgada, ni dans les autres villes. Il y en a très peu ici (3 ou 4 seulement apparemment).

- Les portugais passent leurs soirées, voire leur journée, sur les murets, sur les trottoirs ou devant les supérettes. Ils s’assoient ou s’y adossent et regardent passer les gens et les voitures. Ils n’ont pas de clubs d’activités et font peu de sport, ils se regroupent donc dans la rue pour passer le temps.

- Pas de boulangerie ni boucherie. Seulement des petites supérettes.

- Les gens roulent très vite, même dans les petites rues

- Les voitures se garent n’importe où, souvent sur le bord de la route. On est donc obligés de slalomer quand on est nous-mêmes en voiture.

- Plein de maisons à vendre (parfois 3 ou 4 dans la même rue). La crise doit toucher l’île de plein fouet (même si nos derniers proprios nous ont dit que les maisons se vendent beaucoup car les gens en achètent de plus grandes !)

- Plein de maisons à l’abandon aussi : toit écroulé, vitres brisées, parfois murées… nos proprios nous ont expliqué la raison : beaucoup de gens émigrent et lorsque les personnes âgées, restées sur l’île, décèdent, certaines familles ne reviennent pas et laisse la maison qu’ils ont en héritage, tombée en délabrement. C’est bien triste…
- Des stops devant tous les passages piétons. Pratique pour traverser car les voitures s’arrêtent à chaque fois (ou presque !), moins pour conduire car ça devient un peu confus comme marquage au sol.

- Des hortensias et d’agapanthes partout dans la campagne, le long des routes. Magnifiques.

- Pas mal de mendiants. On ne pensait pas en voir et pourtant il y en avait plusieurs dans la capitale (on n’en a pas vu dans les autres villes), surtout à la sortie des églises.

- Temps vraiment changeant (froid et pluvieux le matin, puis soleil l’aprèm, ou vice-versa). C’est le fameux anticyclone des Açores !

- Pavés un peu partout sur la chaussée dans les villes, parfois même dans la campagne

- Des charrettes et chevaux sur la route pour les porteurs de lait

- Aires de pique-nique aménagées en bord de route + aux miradors et dans les parcs. Presque toujours avec des barbecues (bien équipés : bois, robinets…)

- Problème de remontée d’égout dans les 3 apparts qu’on a fait

Conseil

Si c’était à refaire, on aurait loué une voiture à l’aéroport et on serait directement montés à Sao Bras (où on a passé la 2ème partie du séjour). Ce n’est qu’à ½ heure de route de la capitale, bien situé pour visiter toute l’île, et notre appart n’tait pas cher, propre et calme. Que demander de mieux ?!

Logement en résumé

A éviter : HOSPEDARIA TRIVIAL, Rua Negrao à Ponta Delgada

Conseillé : Casa Vitoriana, 34 Rua Dr. João Francisco de Sousa (sachant que les prix sont élevés par contre)
http://www.casavitoriana.com/index.php

Casa de Sao Bras, à Sao Bras (près de Ribeira Grande) http://www.azoresvacationhome.com/index.htm


En fait, sur Ponta Delgada, on n’a pas trouvé d’hébergement de qualité à prix abordable (30/35 € la nuit). A ce prix-là, c’est souvent des chambres miteuses. Autrement, les hébergements de qualité sont très chers dans la capitale.

Mardi 30 juin

Arrivés à l’aéroport pour 6h30. On ne savait pas où garer la voiture de location, il a fallu aller demander à l’employé de la compagnie. Il fallait finalement se garer à côté des taxis, juste devant l’entrée de l’aéroport.

On a été enregistrer nos bagages. Quel changement avec les autres aéroports des grandes villes européennes ! Ici, tout est calme, les gens ne sont pas speed, prennent leur temps. Ambiance zen pour une fin de vacances tout en douceur…

Le retour en France ne s’est pas fait en douceur par contre ! Arrivés à Orly, il a fallu prendre le bus pour rejoindre la gare Montparnasse. Une chape de plomb nous est tombée dessus dès la sortie de l’aéroport et le chauffeur de bus a été exécrable. Puis trajet de 20 minutes jusqu’à Denfert Rochereau, dans un bus bondé, coincé dans les bouchons ! Tarif : 6,30 € par personne.

Arrivée à Nantes à 23h00. Ça y est, les vacances sont finies…


Lundi 29 juin

Réveil sous la grisaille, dommage pour notre dernier jour sur l’île. On est allés à Ribeira Seca, où était célébrée la fête populaire des Cavalhadas de Sao Pedro. Son origine est inconnue : peut-être s’agissait-il aussi de se distraire des phénomènes volcaniques. Un roi (maioral), quatre lanciers (lanceiros), trois joueurs de cornets (corneteiros) et d’autres cavaliers (entre 90 et 130 personnes) composent l’assemblée. Le roi est vêtu d’un court pantalon rouge, de chaussettes et d’une chemise blanches, d’une cape de satin bleu et son visage, orné d’une grande barbe, est coiffé d’un chapeau à fleurs et à plumes. Les cavaliers sont vêtus de blanc, et brandissent un drapeau rouge. Tout d’abord le cortège se rassemble autour d’une maison, mafoma, puis il se dirige vers l’église de Sao pedro. Ensuite le roi fait un discours sur le perron de l’église (cette harangue est fixée à l’avance, exigeant ainsi certaines capacités intellectuelles pour la répéter sans faillir, et elle change tous les ans), rendant hommage à l’Apôtre en chantant des vers populaires ou en l’adjurant de favoriser les cultures et la pêche. Puis la troupe poursuit son chemin vers Ribeira Grande, après avoir fait sept fois le tour de l’église.

En arrivant à Ribeira Grande, on a commencé à croiser des cavaliers qui se dirigeaient, à cheval, vers Ribeira Seca. Ils étaient tous en costumes, c’était très beau à voir…et étonnant aussi ! On ne s’attend pas à voir un cheval trotter sur la chaussée, et encore moins plusieurs !
En entrant dans Ribeira Seca, des habitants préparaient leurs chevaux dans la rue, devant chez eux ! On s’est arrêtés pour leur demander à quelle heure commençait la fête. L’un d’entre eux nous a dit 11h00. On ne savait pas trop où commençait la fête par contre, le guide du Petit Futé indiquait que les gens se rassemblait chaque année devant une maison de la ville avant le départ…mais on ne savait pas laquelle ! On est finalement tombés dessus par hasard, en suivant un peu les cavaliers. C’était une immense maison et il y avait déjà plus d’une dizaine de chevaux et cavaliers qui attendaient devant, et plein de badauds (beaucoup d’habitants et quelques touristes comme nous).
On avait près d’1/2 heure d’avance. L’attente a été longue, heureusement qu’il y avait de l’animation à chaque arrivée de cavalier. Ils se mettaient en ligne devant la maison puis, quand il n’y a plus eu assez de place, ils se sont alignés plus loin dans la rue et en face, formant une haie. Enfin, presque, car certains chevaux ne tenaient plus en place et il y a eu quelques ruades (dont une qui nous a fait peur car tout près de nous). Les chevaux avaient tous une cloche accrochée au cou, le bruit était assourdissant au bout d’un moment, avec tous les chevaux présents sur la petite place. Autre fait marquant : aucune déviation n’avait été mise en place. Jusqu’au départ, des voitures sont passées par cette place et se sont retrouvés au milieu des chevaux. Certains faisaient demi-tour mais d’autres forçaient quand même le passage, au milieu des chevaux.
Bref, après plus de 2 heures d’attente (en fait, le départ était à 12h30 et non pas 11h00 !), le cortège a pu décoller. A ce moment, il y a avait plus de 70 cavaliers et leurs chevaux sur la place, plus tous les habitants et touristes. Ça faisait beaucoup de monde ! Le cortège se composait du roi, de 4 lanciers, 3 joueurs de cornet, suivis de tous les cavaliers. Ils ont bien mis 10 mn à tous partir de la place, ça bouchonnait ! On a décidé de ne pas suivre mais de prendre une autre direction pour les rejoindre à l’église. On y est arrivés pour la fin du discours du roi. Le rituel est que les cavaliers fassent ensuite 7 fois le tour de l’église, avant de partir pour Ribeira Grande. On a pu se mettre derrière un petit muret pour voir le 1er tour. Le bruit était assourdissant avec les cloches et on avait l’impression que la file de chevaux était interminable. C’était marrant aussi de voir les cavaliers : certains faisaient du trot enlevé, mais ils étaient très minoritaires ; la plupart se laissaient balloter sur leur cheval, essayant tant bien que mal de les diriger ; d’autres se tenaient comme des cow-boys ! Des habitants nous ont expliqué qu’autrefois, les chevaux étaient montés tous les jours par les paysans ; aujourd’hui, ils sont laissés au pré au bénéfice des tracteurs, et ne sont plus guère montés que pour cette fête. Résultat : les gens ne les maîtrisent pas bien et les chevaux s’emballent vite. On a regardé les 3 premiers tours d’église, puis on est partis.

Dans l’après-midi, on est retournés aux sources d’eau chaude de Furnas.


Dimanche 28 juin

Réveil sous le mauvais temps ; toute la journée a d’ailleurs été sous la pluie, dans les nuages et avec de fortes rafales de vent.

En fin de matinée, on est allés visiter la fabrique de thé « Cha Gorreana », près de chez nous. C’est le plus grande fabrique de l’île (elles ne sont que 2 en même temps !). Il n’y avait pas de visite guidée mais ça nous laissait plus de temps pour voir les machines de près par contre. En écoutant un chauffeur de taxi faire la visite à 2 anglaises, on a cru comprendre que dans la semaine, on peut voir les ouvrières au travail, assises à des tables à trier le thé. A la fin de la visite, on arrive dans une pièce où on peut déguster du thé. 3 machines sont installées pour qu’on se serve nous-mêmes. On peut donc goûter 3 sortes de thé : Orange Pekoe, Pekoe et Broken leaf. L’absence de visite guidée est compensée par cette dégustation libre ; on pouvait goûter les 3 thés si on voulait, se resservir, etc, c’était agréable.

On est ensuite allés au lac de Sao Bras. La route est goudronnée pour y aller, ça change des chemins ! Le lac n’est pas très grand, entouré de pâturages, mais il n’avait rien de cassant. Le mauvais temps devait contribuer à cette impression, il faisait gris et il pleuvait toujours, ça gâche un peu le tableau. On aurait voulu en faire le tour à pieds mais c’était trop gadoueux.

On a déjeuné à l’appart (1ère fois depuis notre arrivée) et on a pris la route pour Villa Franca, en passant par le Lagoa do Congro. On ne pensait pas le voir à cause du mauvais temps et des nuages bas mais on a quand même tenté. On a suivi les panneaux directionnels, en prenant une petite route sur la droite ; on l’a fait en marche arrière, au cas où on aurait eu besoin de faire demi-tour si la route avait été impraticable. On s’est garé à une intersection et on a continué à pieds, sur la droite, avec nos ponchos transparents. Le temps s’était un peu arrangé mais une pluie légère continuait à tomber. La route était belle, bordée de grands arbres. On a bifurqué à droite dans la forêt, en suivant un panneau indiquant le lac, et on a emprunté un chemin qui tournait tout en descendant. Très sympa à faire comme balade, d’autant qu’on était protégé de la pluie. Par contre, on ne voyait aucun lac en vue malgré la descente, il y avait des arbres partout. On n’a finalement vu le lac qu’une fois arrivés quasiment au bord. Il ne nous restait qu’une petite descente et on y était. On est allés au bord, sur une petite plage, et on s’est retrouvés devant une vue magnifique ! Le lagoa do Congro est un petit bijou bleu dans son écrin vert. Il y a des arbres tout autour et le lac se trouve tout en contrebas. Et quel calme ! On était les seuls, c’était un moment privilégié ; on a été récompensés de notre persévérance cette fois ! Il nous a fallu 20 minutes de descente et on est restés presque autant de temps à le contempler. A un moment, les nuages ont commencé à descendre vers le lac, engloutissant les arbres, c’était impressionnant. Moment suspendu dans le temps… On était arrivés juste bien pour profiter de la vue car, une fois les nuages sur le lac, la vue n’était plus aussi dégagée. Puis il a commencé à pleuvoir averse et on s’est pressés de remonter.

On a repris la direction de Vila Franca do Campo. On voulait voir l’Ermida da Nossa Senhora da Paz dont on avait vu de très belles photos. On a trouvé une pancarte indiquant la direction à prendre en entrée de ville. Mais, arrivés en haut, on a trouvé porte close et la vue sur la ville et la côte, censée être magnifique d’en haut, ne l’était pas : on ne voyait rien à cause des nuages, seulement du brouillard à perte de vue !!

On est ensuite allés à Furnas. On s’est arrêtés au lac pour revoir les fumerolles, plus impressionnantes avec la pluie car plus d’eau et de fumée. On a ensuite visité le Parque Florestal dont la vocation est de cultiver des légumes et plantes et apprendre aux habitants de l’île comment faire ; ils donnent des conseils et même des bulbes ou pousses. On y a également vu des animaux dans des enclos.

En rentrant, on a pris une bifurcation vers le Salto do Cavalo, d’où la vue est superbe sur Furnas, Provoaçao et ses 7 collines. Mais, encore une fois, ça a été loupé à cause des nuages ! On est donc encore repartis bredouilles.


Samedi 27 juin

Départ pour Nordeste, sous le soleil !! Route agréable, bien que montagneuse. Végétation dense tout autour, c’est très beau.

1er arrêt : Salto da Farinha, avec un point de vue d’où on pouvait voir une cascade de 40m.
Puis, on s’est arrêtés à Ribeira dos Caldeiroes, petite vallée enchanteresse avec une belle cascade et un parc en bord de route (on ne s’attendait pas à trouver un tel paradis à la sortie du virage !) On a pris plaisir à se balader dans le parc, avec ses fleurs, sa rivière, sa petite cascade et ses moulins à eau. Seule déception : les moulins ne fonctionnent pas et on ne voit plus grand-chose ; il n’y a plus de roue, ne sont pas en activité, et aucune information n’est donnée, même pas par le biais de panneau. C’est dommage car ça aurait été très intéressant.
On a pique-niqué dans le parc, des tables ont été installées ça et là, avec un barbecue à côté. Les azoriens ont installé des barbecues partout : dans certains parcs, sur les bords de route, au niveau des miradors, etc. Toujours bien équipés, avec du bois, un robinet d’eau froide, la grille, etc. On en a vu partout et pas mal de monde, le WE, s’y installant pour la journée en famille. C’est vraiment sympa.

On a repris la route en direction de Nordestinho pour un petit circuit pédestre repéré dans un guide (remis par l’office du tourisme). On a bien trouvé le départ du circuit, la chapelle Nossa Senhora do Pranto. Cette chapelle est fameuse pour le culte qui s’y tient le dimanche de Carême ; les pèlerins y apportent des présents en remerciement des bienfaits reçus, qui sont mis ensuite aux enchères. Selon la légende, la Vierge marie y est en effet apparue en 1522 à un jeune berger, en lui annonçant une épidémie de peste à Ponta Delgada. Par contre, on n’a pas trouvé le sentier de rando !!

Direction Lomba da Fazenda, pour une autre rando repérée à nouveau dans le guide. Mais impossible cette fois de trouver le point de départ ; c’était un jardin public pourtant !

A l’entrée de Nordeste et on a vu un panneau indiquant une piscine naturelle. Par contre, la descente qui y mène est à 10%. Un peu stressant car c’était très étroit et il n’y avait moyen de se croiser en voiture que dans les virages. Heureusement, on n’a croisé aucune voiture. La piscine a été construite au bord des rochers, et l’eau de mer y rentre avec chaque vague, à marée haute. On ne s’est pas baignés par contre car il y avait du vent et il faisait frais. On a préféré aller se balader. On a vu un chemin avec un panneau en bois indiquant « Parque Endémica » 1,7 km, juste en face de la piscine. On l’a suivi, en grimpant une pente rocheuse assez raide…pour arriver dans des champs ! On a continué quand même à marcher un peu mais il n’y avait plus aucune indication et on ne voyait aucun « parque » au loin, sinon des champs à perte de vue. Dépités, on est redescendus. 3 balades dans la journée…3 loupés ! Soit on est nuls pour se repérer, soit les randos sont mal indiquées (je pencherais plus pour la 2ème hypothèse !!  )

Au retour, on s’est arrêtés au mirador du phare de Ponta do Armel, d’où on a pris une belle photo. Puis passage par Agua Retorta. . L’église est construite dans un terrain découvert, à l’écart des habitations… Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en 1740, les riches habitaient en bas et les pauvres en haut ; chacun voulant l’église près de chez lui, l’évêque prit la sage décision de la bâtir au milieu des deux secteurs. Pas de jaloux ! La route était magnifique, au milieu des arbres et des montagnes.

On s’est arrêtés à Provoaçao. La ville est très mignonne, les trottoirs et les rues sont larges, les maisons grandes et belles (certaines du moins, en entrée et sortie de ville. On nous a expliqué par la suite que ce sont souvent des azoriens expatriés qui ont fait fortune à l’étranger et qui reviennent construire une maison secondaire sur leur île. Le problème, pour les autochtones, c’est que ça dénature tout, ça ne colle pas au style simple des habitants, ça fait un peu parvenu américain, tout dans la démesure…). Les bâtiments municipaux de la ville sont eux aussi très jolis. Par contre, on n’a jamais trouvé l’horloge du français. Cette horloge a une bien curieuse histoire : elle est l’œuvre de notre ami…Schmoll, horloger du roi Louis XVI, qui avait fui pendant la Révolution. Cet homme, parti pour les Amériques, fit naufrage à Flores, s’embarqua pour Faial où on lui commanda cette horloge même, qu’on ne lui paya point ; il fit alors voile vers Sao Miguel, la vendit pour l’église paroissiale de Ponta Delgada, mais on finit par la transférer beaucoup plus tard à Provoaçao, où elle se trouve actuellement. Le temps est un long voyage !

On est rentrés par la route de Furnas, contents d’avoir vu plein de beaux paysages mais déçus pour les randonnées par contre ; on aura passé plus de temps en voiture qu’en balade à pieds !