jeudi 6 août 2009

Lundi 29 juin

Réveil sous la grisaille, dommage pour notre dernier jour sur l’île. On est allés à Ribeira Seca, où était célébrée la fête populaire des Cavalhadas de Sao Pedro. Son origine est inconnue : peut-être s’agissait-il aussi de se distraire des phénomènes volcaniques. Un roi (maioral), quatre lanciers (lanceiros), trois joueurs de cornets (corneteiros) et d’autres cavaliers (entre 90 et 130 personnes) composent l’assemblée. Le roi est vêtu d’un court pantalon rouge, de chaussettes et d’une chemise blanches, d’une cape de satin bleu et son visage, orné d’une grande barbe, est coiffé d’un chapeau à fleurs et à plumes. Les cavaliers sont vêtus de blanc, et brandissent un drapeau rouge. Tout d’abord le cortège se rassemble autour d’une maison, mafoma, puis il se dirige vers l’église de Sao pedro. Ensuite le roi fait un discours sur le perron de l’église (cette harangue est fixée à l’avance, exigeant ainsi certaines capacités intellectuelles pour la répéter sans faillir, et elle change tous les ans), rendant hommage à l’Apôtre en chantant des vers populaires ou en l’adjurant de favoriser les cultures et la pêche. Puis la troupe poursuit son chemin vers Ribeira Grande, après avoir fait sept fois le tour de l’église.

En arrivant à Ribeira Grande, on a commencé à croiser des cavaliers qui se dirigeaient, à cheval, vers Ribeira Seca. Ils étaient tous en costumes, c’était très beau à voir…et étonnant aussi ! On ne s’attend pas à voir un cheval trotter sur la chaussée, et encore moins plusieurs !
En entrant dans Ribeira Seca, des habitants préparaient leurs chevaux dans la rue, devant chez eux ! On s’est arrêtés pour leur demander à quelle heure commençait la fête. L’un d’entre eux nous a dit 11h00. On ne savait pas trop où commençait la fête par contre, le guide du Petit Futé indiquait que les gens se rassemblait chaque année devant une maison de la ville avant le départ…mais on ne savait pas laquelle ! On est finalement tombés dessus par hasard, en suivant un peu les cavaliers. C’était une immense maison et il y avait déjà plus d’une dizaine de chevaux et cavaliers qui attendaient devant, et plein de badauds (beaucoup d’habitants et quelques touristes comme nous).
On avait près d’1/2 heure d’avance. L’attente a été longue, heureusement qu’il y avait de l’animation à chaque arrivée de cavalier. Ils se mettaient en ligne devant la maison puis, quand il n’y a plus eu assez de place, ils se sont alignés plus loin dans la rue et en face, formant une haie. Enfin, presque, car certains chevaux ne tenaient plus en place et il y a eu quelques ruades (dont une qui nous a fait peur car tout près de nous). Les chevaux avaient tous une cloche accrochée au cou, le bruit était assourdissant au bout d’un moment, avec tous les chevaux présents sur la petite place. Autre fait marquant : aucune déviation n’avait été mise en place. Jusqu’au départ, des voitures sont passées par cette place et se sont retrouvés au milieu des chevaux. Certains faisaient demi-tour mais d’autres forçaient quand même le passage, au milieu des chevaux.
Bref, après plus de 2 heures d’attente (en fait, le départ était à 12h30 et non pas 11h00 !), le cortège a pu décoller. A ce moment, il y a avait plus de 70 cavaliers et leurs chevaux sur la place, plus tous les habitants et touristes. Ça faisait beaucoup de monde ! Le cortège se composait du roi, de 4 lanciers, 3 joueurs de cornet, suivis de tous les cavaliers. Ils ont bien mis 10 mn à tous partir de la place, ça bouchonnait ! On a décidé de ne pas suivre mais de prendre une autre direction pour les rejoindre à l’église. On y est arrivés pour la fin du discours du roi. Le rituel est que les cavaliers fassent ensuite 7 fois le tour de l’église, avant de partir pour Ribeira Grande. On a pu se mettre derrière un petit muret pour voir le 1er tour. Le bruit était assourdissant avec les cloches et on avait l’impression que la file de chevaux était interminable. C’était marrant aussi de voir les cavaliers : certains faisaient du trot enlevé, mais ils étaient très minoritaires ; la plupart se laissaient balloter sur leur cheval, essayant tant bien que mal de les diriger ; d’autres se tenaient comme des cow-boys ! Des habitants nous ont expliqué qu’autrefois, les chevaux étaient montés tous les jours par les paysans ; aujourd’hui, ils sont laissés au pré au bénéfice des tracteurs, et ne sont plus guère montés que pour cette fête. Résultat : les gens ne les maîtrisent pas bien et les chevaux s’emballent vite. On a regardé les 3 premiers tours d’église, puis on est partis.

Dans l’après-midi, on est retournés aux sources d’eau chaude de Furnas.


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