Journée consacrée à la visite de Furnas. La ville abrite 22 sources à vocation médicinale qui jaillissent naturellement chaudes et sulfurées, et que révèlent d’étonnantes fumerolles autour de concrétions nées des sels déposés au fil des siècles. Une station thermale accueille des curistes, pour la plupart açoriens. Ils y trouvent un remède à toutes les maladies respiratoires recensées à ce jour, dans une sorte d’été d’inhalation permanent. Le splendide parc botanique de l’hôtel Terra Nostra attire le visiteur autour de son bassin aux boues thérapeutiques. Le Vale das Furnas est traversé par deux rivières, ou plutôt des torrents, l’un froid, l’autre chaud et ferrugineux. On voit, çà et là, des moulins à eau « typiques », comme disent les dépliants touristiques.
On y est arrivés en à peine ¼ d’heure. A l’office du tourisme, une personne charmante, qui parlait très bien le français et a pris le temps de tout bien nous expliquer sur ce qu’il y avait à voir et à faire dans la ville et aux alentours. Les principaux endroits à voir :
- las caldeiras fumerables "largo das caldeiras"=> les fumerolles en français
- d’autres caldeiras près du lac de Furnas
- Poça Beija, des bains d’eau chaude (les seuls encore gratuits dans la ville)
- Parque das Murtas => ouvert seulement en août
- Parque Florestal, gratuit et ouvert de 8h30 à 18h00.
- Parque Terra Nostra. 5 € l’entrée pour visiter le parc et utiliser la piscine ferrugineuse, 3 € pour le parc seul. Ouvert de 10h à 19h00.
- Oliver Banhos, bain d’eau chaude couvert, sauna, massage. Entrée payante.
On a choisi de ne faire que ce qui était gratuit en omettant le parc, qu’on a quand même visité à la fin de notre séjour.
Direction : « Largo das Caldeiras », pour y voir les fumerolles. C’est impressionnant avec toute le souffre qui se dégage (odeur très forte d’œufs pourris !). Pas très loin, on a aussi trouvé 2 sources, côte à côte. De la 1ère, à gauche, sortait de l’eau normale, froide. La 2ème était de l’eau ferrugineuse, chaude. Ça fait bizarre ! Il faut faire attention par contre car cette eau, bourrée de fer, abîme les bijoux, les rouille. Il est donc conseillé de retirer tous ses bijoux lorsqu’on se baigne dans les sources d’eau chaude ferrugineuse….et de ne pas trop tenir à son maillot de bain non plus ! On n’a pas eu de problème en se baignant à Poça Beija, mais ceux qui se baignent en maillot de bain noir dans la piscine du parc, plus ferrugineuse, ressortent parfois avec un maillot couleur rouille…
Spécialité sucrée à goûter à Furnas : les bolos levedos. C’est simple, fait avec du lait, des œufs, du sucre et de la farine, comme des petites galettes épaisses. C’est un peu sec, mais délicieux avec de la confiture. Attention aux prix par contre. C’est beaucoup plus cher à Furnas ; mieux vaut en acheter au supermarché si vous avez la possibilité. On avait eu une promotion de 4 pour 1,50 € (confectionnés à Furnas).
On a ensuite repris la voiture vers les autres fumerolles, près du Lagoa das Furnas (le lac). Ces fumerolles ne sont pas protégées comme les autres, on peut s’en approcher et c’est là qu’il y a les trous transformés en fours naturels pour cuire le plat traditionnel : le « cozido das Furnas », composé de différentes viandes et légumes, un peu comme un pot-au-feu. Ça cuit pendant 5 heures dans le trou et au déjeuner, les gens le ressortent pour le manger. Les vapeurs de souffre encensent l’arôme des différents aliments. Nous sommes arrivés sur le site un peu avant 12h30. On a eu le temps de se balader au milieu des fumerolles pour les voir de près. Parfois, on ne voit que de la fumée sortir d’un petit trou mais on entend gronder à l’intérieur de la terre, c’est impressionnant ! C’est la preuve d’une activité volcanique sur l’île… On est ensuite allés voir les fameux trous, creusés dans la terre. La fumée qui en sort est très chaude, pas étonnant qu’on puisse y faire cuire des plats ! A 12h30, un restaurateur est arrivé : « Tony’s », pour récupérer ses plats. Il avait 7 trous rien que pour lui ! On a vu le 1er être retiré : on enlève la terre sur le dessus (pour garder le plus de chaleur possible), puis on ouvre le couvercle du trou et on tire avec des bâtons pour sortir la grosse marmite. Les plats sont ensuite très vite emmenés au restaurant pour être servis avant 13h00. On est nous-mêmes rapidement repartis à Furnas pour trouver un resto pour goûter la fameuse spécialité. La personne à l’office du tourisme nous avait dit qu’il fallait normalement réserver un jour à l’avance pour le Cozido car, comme il est long à préparer, les restaurateurs ont besoin de connaître à l’avance le nombre de clients (car ce n’est pas un plat qu’on réchauffe). Elle nous a quand même dit que dans les restos qui reçoivent des groupes à déjeuner, il y a en général moyen de pouvoir en manger (ils prévoient souvent du rab pour quelques personnes). On a vu aux fumerolles que c’était le restaurant « Tony’s » qui était venu chercher le Cozido, on y est donc allés. La salle était déjà bien remplie, mais on a pu obtenir une table. On avait le choix entre un plat pour 1 personne (chacun son assiette) pour 12,50 € ou un grand plat pour 2 personnes à 19 €. On a pris le plat pour 2. On nous a apporté du pain et on a commandé une bouteille d’eau (ils ne proposent pas de carafe d’eau, c’est toujours une bouteille à acheter). On savait qu’il faudrait payer pour le pain, ce n’est jamais gratuit, on a donc bien mangé ! On n’a pas eu à attendre trop longtemps pour être servis : un grand plat avec plein de viandes et de légumes. Les légumes commençaient déjà être tièdes par contre, on comprend mieux pourquoi ils cherchent à servir les plats avant 13h00 dès qu’ils les récupèrent dans les fumerolles à 12h30, ça tiédit très vite. Le repas a été délicieux et copieux, on n’a pas pu tout finir. On a chacun eu : 1 carotte, une feuille de choux, 2 cœurs de choux, 1 pomme de terre, un igname et du riz. Pour la viande : poulet, filet mignon, porc, boudin noir açorien et chorizo. Génial ! On s’en est tiré pour 20,30 € (19€ pour le plat, 0,50 € pour le pain et 0,80 € pour l’eau). Ça ne fait pas cher au vu de la quantité et la qualité. Seul bémol peut-être : la salle était grande et bondée et c’était donc un peu bruyant.
On est repartis au lac de Furnas et on en a fait le tour en 3h de marche. Point d’intérêt : une église de basalte noir, à moitié abandonnée. De style gothique, dédiée à Nossa Senhora das Vitorias, elle fut édifiée par José do Canto en 1884 d’après un architecte français, en accomplissement d’un vœu pour le rétablissement de sa femme. Les deux époux y reposent.
En fin d’après-midi, direction Poça Beija, la source d’eau chaude gratuite. Mais peut-être plus gratuite pour longtemps car l’entrée est actuellement en travaux pour y installer un kiosque à boissons, des douches et des toilettes. Un habitant nous a dit que ce serait sûrement payant d’ici l’année prochaine. C’est dommage, c’était la seule source encore gratuite dans la ville. La source a été aménagée en 3 bassins d’eau chaude, de même température (environ 25°) mais de profondeur différente. On a retiré nos bijoux et on a fait attention à ne pas se coller contre les parois du bassin ni s’asseoir pour ne pas tacher nos maillots de bain. C’est un vrai bonheur de rentrer dans de tels bassins, c’est comme une baignoire géante à la bonne température !
Au retour, on s’est arrêtés en chemin au Pico do Ferro pour admirer la vue sur la vallée de Furnas. Très beau.
jeudi 6 août 2009
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